Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles

lundi 21 juin 2010

La science politique d’hier, d’aujourd’hui et de demain : science politique comme science sociale « processus »

La Science politique est l’une des rares disciplines, dans l’histoire des sciences, dont la trajectoire n’a jamais été linéaire. Son historicité est marquée par des ruptures, des disparitions et des réapparitions. Il s’agit d’une science sociale « processus » caractérisée par les aller et venir intégrant à la fois les paradigmes contestés et enrichis, au point de donner l’impression de l’absence en son sein, d’une cohérence épistémologique. C’est une fausse impression.
L’histoire de la science politique donne raison à la thèse de K. Popper[1] que l’on a enterrée vite[2], insistant sur la falsification suscitée par des problèmes comme point de départ du point de vue scientifique.
Son caractère embryonnaire ou mieux sa naissance avant la lettre remonte de manière passagère à l’antiquité grecque, entre le VIème et le IVème siècles avant Jésus-Christ, au temps fort de la démocratie directe, pour réapparaître dans sa forme moderne (avec l’appellation actuelle), en Occident, à partir du 19ème siècle, à l’aide notamment des entreprises d’institutionnalisation multiples.
De la pluralité des sources, « Science carrefour », le décollage définitif, au moins dans sa version savante et autonome, remonte encore aux périodes entre les deux guerres, les années cinquante, soixante et soixante dix. Les paradigmes behaviouralistes, psychologistes, « ethnocentristes », positivistes et sociologistes desdites époques sont aujourd’hui contestés et enrichis.
Les aspects considérés alors comme non scientifiques (l’approche qualitative, philosophique, politique, historique relativiste, juridique et centrifuge-politique par le bas-) refont surface et prennent même la revanche sur les premiers paradigmes. Les questions qui en découlent sont nombreuses :
- S’agit-il d’un cercle vicieux ou d’un processus ?
- Sommes-nous en présence d’une ou multiples sciences politiques ?
- Peut-on aujourd’hui, clamer très fort que la science politique est autonome, interdisciplinaire ou carrefour ?
- A-t-elle, aujourd’hui, ses propres paradigmes et lois au sens nomologiques ?
- Est-elle nomologique ou idéographique ?
- Est-elle pragmatique ou explicative ?
- Est-elle enfin individualiste ou holiste ?
Nous tenterons de répondrons à ces questions sur base des hypothèses ci-dessous :
- La science politique, au moins, dans sa version savante serait une « science processus », tant au plan institutionnel qu’intellectuel. Les anciens paradigmes, demeurent ; ils seraient enrichis, corrigés et non rejetés ;
- La science politique ne serait pas une composante d’une science, encore moins de sociologie, ce serait une science sociale à part entière. L’autonomie de la science politique reposerait sur la valorisation explicative du fait politique par le politique ; l’interdépendance ou l’interdisciplinarité découlant des « aspects non politiques » d’autres sciences sociales ne créent pas l’autonomie, mais la renforcent ;
- Les exigences épistémologiques seraient relatives et jamais absolues : les enseignements découlant de la méthode de « lunetterie réflexive et relative » en constituent une éloquente illustration. C’est pourquoi, elle serait à la fois pragmatique (cfr politique publique) et explicative (ex. les méthodes à orientation sociologique), nomologique et idéographique (cfr sociologie historique de la politique), individualisante et holiste etc.
Pour essayer, d’examiner tous ces points, nous verrons successivement la science politique ancienne (I), moderne (II), d’aujourd’hui et d’hier (III).